Le Manioc tel qu'utilisé à IDIOFA.
 

Origine

Le manioc fut importé en Afrique depuis le Brésil par les Portugais au 16 ème siècle.
Cette plante a commencé sa carrière africaine dans l'ancien royaume du Kongo, lequel couvrait à l'époque une grande partie de l'Angola et une petite partie du Congo RDC actuel.

Pourquoi avoir importé jadis cette plante ?

Pour stabiliser et rendre sédentaire une population qui se nourrissait de cueillette de fruits et de chasse.
Sous l'impulsion des Portugais, la culture du manioc va se développer, ainsi que plus tard celle du maïs.
On consomme la racine et les feuilles.
Au même titre que la pomme de terre, le riz, le maïs ou le blé, le manioc constitue une base de l'alimentation, s'accompagnant idéalement de légumes, fruits ou viande.

La racine est traitée par rouissage dans de l'eau durant trois nuits, puis séchée.
On en fait ensuite une farine, qui mélangée à l'eau chaude produit une pâte que l'on peut consommer telle quelle : le "fu-fu" (ou foo-foo dans d'autres pays).
On en fait des galettes, comme avec toute farine.
On peut enrichir cette farine avec de la farine de maïs ou de millet.
Les feuilles sont comestibles.
Ces éléments représentent près de 90 % de la nourriture da la population d'Idiofa !

Les avantages du manioc sur les autres, en zones tropicales ou équatoriales :

1) Le manioc coupe la faim durant au moins 8hr (le riz seulement 2 à 3 hr, le maïs et le blé 3 à 4 heures, La pomme de terre, 5 hr).
Sa racine se consomme sous forme de farine ("fu-fu" ou "foufou" ou "foo-foo") et ses feuilles comme légume ("saka-saka"),
2) La racine de manioc se conserve toute l'année dans le sol, et les feuilles repoussent toute l'année.
3) Les feuilles sont cuites dans un peu d'huile de palme. Ce légume s'appelle "saka-saka". Il est riches en protéines et en vitamines A et B.
4) Les racines et les feuilles de manioc , après une maturité de un an, continuent à se développer et fournir des produits comestibles pendant près de 2 ans. On dit ainsi que la terre sert de "garde manger" pour le manioc. Cet élément est majeur dans le choix du support alimentaire, surclassant ainsi riz, blé, maïs (parasité par les charançons et la pomme de terre qui se cultive mal et est soumise à la pourriture ou fait de la germination hâtive.

Ajoutons que pour assurer une diversité de nourriture, Beto-Sadisana a lancé la culture du haricot, du riz et du soja.

Jeunes feuilles de manioc
 
Plan de manioc avec vue des raçines
le petit objet sur la racine mesure 10 cm.

 

Inconvénients du manioc.

1) Deux ans de production, cela a un prix : celui à payer à la terre !
Pour qu'elle puisse se régénérer, il faudra la laisser en jachère durant 7 ans ! Ce qui amène à un cycle de culture naturel de 10 ans : 1 an pour que les boutures arrivent à maturité, 2 ans de production, 7 ans de récupération du sol.

2) La dispersion des terres cultivables est le résultat de ce cycle long. La déforestation accélérée aussi.

3) Variétés de manioc :
On distingue les sortes de manioc par leur goût : doux ou amer.
 C'est  l'amer qui s'avère le plus résistant et le plus recherché au point de vue du goût.
On les distingue aussi par la couleur : en général blanc, parfois jaune.
Mais en plus de ces grandes subdivisions, une foule de variétés existent de par le monde. Voir celles testées à Idiofa
Le manioc amer mal préparé est une cause de maladie grave : Le Konzo. Voir le chapitre "préparation du manioc" ci-dessous.

4) Maladies du manioc :
La mosaïque, qui demande une vigilance constante.
La cochenille
L'anthracnose
Le pourridié

Manioc: maladie de la Mozaïque Manioc : la racine d'une plante malade,
une racine saine serait grosse comme le bras et longue de 50 cm.


Mode de culture du manioc.

La culture se pratique par bouturage : après préparation des sols, on enfonce dans celui-ci un morceau de tige à des distances de 1 mètre les unes des autres.
Cela donne 10.000 plants par hectare.
Ensuite, on relève la terre en cône au droit de la plantation dès que la bouture commence à germer.

Production.

Avec une bonne terre bien préparée on atteint sans difficulté les 20 tonnes à l'Hectare.
La même terre préparée pour le maïs donnerait 2 tonnes.

Remèdes apportés aux divers maux :

1) Pour ce qui est des maladies du manioc qui avaient ruiné la production et créé une famine, l'Equipe E.B.S. s'est investie dès 2002 dans le remplacement de tout le manioc du territoire du diocèse par de nouvelles boutures de variétés résistantes. Ceci fut réalisé avec l'aide de l'USAID et de la FAO.
Nous avons ainsi planté, à travers nos 8 centres agricoles, plus de 500.000.000 boutures.

2) Pour réduire le temps de jachère des terres à manioc, un projet est encours. Il consiste à ensemenser les terres en jachère d'un engrais vert.
Ces essais, menés depuis 2005, sont encourageants.

3) La maladie du Konzo a été le sujet principal de discussions dès 1998. L'Equipe a du agir seule. (voir page Le Konzo)

 

Préparation du Manioc à Idiofa.

Avec le traitement classique, il faut 4 jours sous eau et 6 jours de séchage afin de bien éliminer toute trace d'acide cyanhydrique HCN. Cela entraîne donc un travail énorme, d'autant que la saison humide en R.D.C . dure 9 mois.
Comment raccourcir ce temps de 10 jours entre arrachage et consommation ?
Le principe retenu est de râper la carotte de manioc après l'avoir débarrassé de sa gangue. Ainsi l'on fait éclater les alvéoles qui contiennent l'acide nocif. Le résultat est ensuite trempé dans l'eau pendant 24 heures, puis séché. A cette fin, nous avons mis à l'étude une presse qui pourrait éliminer jusqu'à 90% de l'eau, réduisant ainsi la durée du séchage à 3 ou 4 d'heures !
Au bout du compte, on obtient une farine panifiable en 2 jours au lieu de 10.
Le principe de cette méthode n'est pas nouveau : il a été observé chez les indiens d'Amazonie. Toutefois ceux-ci peuvent utiliser le feu de bois pour sécher, car ils vivent en forêt

L'expérience en cours a porté sur 2 tonnes de manioc, et la farine qui en a été extraite a servi a réaliser des éléments préparés qui se conservent bien, tels les galettes.

 

 

La photo: Une racine de manioc de 14 kg n'est pas exceptionnelle !

 

 

D. Variétés de manioc testées ou exploitées à Idiofa

a) variétés tolérantes à la mozaïque :
     MVWAMA   Blanc amer production en tubercules. En savanes et forêts.
     RAV              Blanc moyen production en forêt
     SADISANA  Blanc doux, production en forêts
     85/0181         Amer, très productif en savanes.
     MAHUNSU  Blanc doux, production en forêts.


b) variétés résistantes à la mozaïque :
     MVAAS1  95/0528   Blanc amer très productif en tubercules.
     NSANS1   96/060     Blanc doux production moyenne en feuilles et tubercules
     BUTAMU  99/0395   Jaune très doux, de faible productivité.
     DISANKA 95/0211   Blanc amer, production moyenne.

  Ces variétés ont donné satisfaction. On donne désormais la préférence au doux car il sert aussi à éviter le Konzo,  en effet, ces variétés produisent moins de racines très fines et courtes comme le faisaient les anciennes variétés. Ces petites racines contenaient trop d'acide cyanhydrique, cause chimique de la maladie du Konzo.

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