Equipe Beto Sadisana d'IDIOFA.
L'eau et le Feu

L’Approvisionnement en eau, un problème !

 Précisons d'abord que, d'après un rapport de PNUD (ONU) (www.un.org ) en RDC, 55% des personnes n'ont pas accès à une eau salubre !

Cependant, dans la province de Bandundu, comme dans la plupart des régions de la RDC, il ne manque pas de pluie, celle-ci tombe abondamment durant la dite saison des pluies qui dure 9 mois sur douze.
Le plateau d'Idiofa est à 600 m d'altitude et se trouve en état de savane, presque sans arbres, contrairement à ce que l'on retient le plus souvent quand on évoque le Congo: la brousse africaine.
Cet immense plateau est coupé par des rivières qui alimentent le bassin du Congo via le Kasaï , la Kwilu et la Lubwe.
Ces rivières circulent dans des failles profondes de 200 m et reçoivent une partie de leurs eaux à la saison des pluies. Des pluies souvent violentes qui provoquent des glissements de terrain..
A cette saison des pluies, on se procure de l'eau à l'aide de simples réservoirs ou bidons. Il tombe annuellement environ 270 cm par mètre carré, ce qui est 3 fois plus que la moyenne belge !

D'autre part, le plateau d'Idiofa emmagasine une partie des eaux excédentaires et la restitue via les sources qui alimentent les rivières.
La photo de droite montre des femmes revenant de la "corvée eau", portant des bidons de 30 litres.
Où est le problème ? C'est que la plupart des sources sont laissées à la nature : elles s'écoulent au niveau du sol, sans aucune facilité pour en recueillir les eaux.

Le problème à résoudre est donc de rendre ces sources accessibles et protégées. Avec ses 150.000 .habitants Idiofa ne compte que 23 sources dont 5 sont maintenant aménagées grâce aux aides reçues.
La saison sèche (juin, juillet, aout) est particulièrement pénible, c'est la période durant laquelle se développent les amibiases souvent mortelles dues à la pollution des eaux.
La photo de gauche montre une des sources canalisée dont le débit reste faible.

Pour résoudre le problème nous disposons des ressources humaines pour réaliser l'objectif d'aménagement de ces sources, mais il manque de matériel et de ciment :

Aménager une source consiste essentiellement à creuser et cimenter un puits qui emmagasine l'eau de la source, et un bassin attenant, en contrebas, où s'écoule doucement l'eau du réservoir.

La réalisation de ce type de puits demande aussi une attention au niveau du revêtement interne, car l'eau de ces sources est légèrement acide.

 

On n'imagine pas la quantité de monde à mobiliser pour alimenter les familles en eau : Plus de 20.000 personnes vont journellement à l'eau et parcourent chacune en moyenne 4 km. Elles doivent remonter chargées de bidons de 5 litres pour les enfants de 7 à 8 ans et jusqu'à 30 litres pour les adultes.  Chacun porte ce qu'il peut, et tout se passe toujours dans la joie.
 

A gauche, une mère et sa fille en corvée "bidon".                                      A droite, la file devant une source non aménagée : il reste encore une heure avant que la nuit ne tombe.

A la date de septembre 2012, l'équipe avait pu réhabiliter, au prix d'un gros travail, 5 sources : Maba, Ontsoké, Ebaa, Elom et Emwes.

 

Faire du feu, un défi quotidien, mais indispensable à la survie.

 

 La région d'Idiofa est une zone de savane, et les arbres sont rares et réservés pour les tabous par les sorciers ou les chamanes, ou tout simplement comme lieu de réunion où l'on pourra se tenir à l'ombre ou se protéger de le pluie. .
Ce plateau fut mis en friche sous l'impulsion des Portugais, il y a près de 400 ans et leur technique de brûlis fut utilisée. (Comme d'ailleurs chez nous par les moines). Du bois pour alimenter le feu domestique est donc rare. Il faut parcourir près de 20 km (aller-retour) pour récolter le bois d'arbustes et leurs racines.
La photo de gauche montre une femme portant un fagot de ces arbustes. Elle traverse un champ de hautes herbes matitis (1).
 Ainsi la récolte journalière est bien maigre.
Ce gros fagot transporté avec élégance servira à l'usage domestique ou sera vendu partiellement au marché local.(voir photo de droite).
Ce qui peut être obtenu du fagot en avant-plan de dépassera pas 1 dollar.
Dans son propre usage domestique, la ménagère doit être économe en combustible. Le feu ne sera allumé qu'une fois, à la tombée du jour, afin de cuire les aliments. La cuisson du manioc, des haricots, du niébé est absolument nécessaire à leur consommation.
Si possible, on se regroupe entre familles ou voisins autour d'un feu unique pour économiser le précieux combustible.
 

 

 (1) Matitis; ces herbes, qui ont remplacé la forêt primitive, peuvent atteindre 2 m au sommet de leur croissance, en juin. La présente photo a été prise en mars. Ensuite, ces herbes sèchent, donnant au plateau une couleur beige sable uniforme. On se croirait alors dans une zone désertique du nord de l'Afrique, où l'on voit de temps en temps un arbre émerger

 

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